Mon poids, ton poids, son poids, le poids moyen... etc.

Mon poids, ton poids, son poids… etc.

J’ai toujours été « petite » ou menue, selon l’interprétation des gens. J’ai souvent entendu des commentaires déplacés et désobligeants parce que j’étais trop mince/maigre.

Je me souviens en sixième année, j’ai confronté une nouvelle venue dans notre classe, qui disait aux autres que j’étais anorexique. « Tu sauras que je mange beaucoup! » Que je lui avais balancé au visage. Tu as pas le droit de dire ça, tu ne me connais pas. À l’école primaire que je fréquentais, nous étions 20 élèves en sixième année, 19 qui se suivaient depuis 5 ans. Je ne comprenais pas pourquoi cette demoiselle disait des méchancetés.

Puis j’ai commencé à nager, je m’entrainais entre 8 et 12 heures par semaine. J’ADORAIS ÇA ! Sur mon petit corps, se développaient des muscles. Muscles que j’ai conservés jusqu’à très récemment.

Mes parents m’ont enseigné à avoir confiance en moi et ne pas trop m’occuper des autres ( des enfants dans un autobus scolaire c’est pas toujours gentil!). Ça fait que  quand mes amies disaient :

« J’ai les mollets mous, je suis plus grosse que… j’ai l’air de … »

Ma réponse a toujours été la même :

« Non, tu es fait comme ça. Enlèves-toi ça de la tête. »

Je ne comprenais pas pourquoi les filles (et beaucoup de garçons) s’observent et se discriminent elles-mêmes par la suite…

mon poids ton poids
Crédit photo: Judy Cox

Je ne me suis jamais vraiment occupé de ce que les gens pensent. J’ai souvent été portée à en rire. J’avais pris pari avec une copine au secondaire… la première qui atteint le 100 livres. Je l’ai atteint au CEGEP. Sans jamais penser à l’atteindre, sans focusser et faire d’effort. J’étais trop occupée à nager, travailler, et fêter avec mes amies.

Je me suis rendu compte plus tard que dans les situations où le métabolisme de la majorité des gens est porter à accumuler les graisses, le mien s’en débarrasse ( peine d’amour (celle ou tu manges que de la malbouffe et de la crème glacée :)), fatigue, stress ou autre). Je suis juste faite comme ça. Et je mange équilibré la plupart du temps, et j’essaie d’être active, sinon je ne me sens pas bien (ni endurable!)

Lorsque je suis tombée enceinte, j’ai souvent entendu:

« J’ai hâte de voir comment de poids tu vas prendre! »

« C’est pas grave, si tu prends beaucoup de poids, tu vas le perdre vite, tu es si active! »

Ils n’ont pas su combien de livres j’ai pris au total. Ils ont eu raison: j’ai repris ma taille rapidement. Et j’en ai trop perdu. Parce que mon corps réagit comme cela à la fatigue.

Alors maintenant j’entends :

« Tu es vraiment rendu trop petite! tu dois être malade! »

« As-tu mangé aujourd’hui? Tu devrais manger en même temps que ton garçon! »

Je suis pas malade, et oui j’ai mangé, probablement plus que ces personnes dans ma journée. Je suis faite comme ça.

Mais ces phrases , sans arrières pensées, me blessent. Parce que ça fini par me préoccuper. Parce que je ne suis pas dans le standard des gens après-grossesse, et maintenant ça m’atteint . C’est la même préoccupation, le même sujet : le poids !!!

Cette semaine a pour thème: le poids sans commentaires, propulsé par le groupe Equilibre.  » La Semaine « Le poids? Sans commentaire!» a pour but de sensibiliser la population au fait que les commentaires sur le poids sont trop présents dans notre quotidien. Ceux-ci peuvent contribuer à faire augmenter l’insatisfaction corporelle en renforçant les normes sociales de minceur. »

Je vous invite à visiter leur site web  et à distribuer des contraventions d’estime de soi!

Parce que ça va faire du bien.

Parce que je suis en dessous des normes sociales de minceur et que ces petites phrases lancées sans réfléchir m’ont créé une relation que je sais possiblement malsaine avec ma balance.

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Crédit photo à la une:
Ana Reinert sous la licence Creative Commons 2.0

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